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mercredi 21 janvier 2015

Profiter sans s'épuiser et sans mal aux pieds

 

Il fut un temps où les vacances étaient synonymes d'épuisement et de mal aux pieds. Il fallait faire. Il fallait voir. Il fallait visiter. Il fallait profiter.

On profite comment, quand on s'épuise à force de faire, de visiter et d'avoir mal aux pieds ?

Aujourd'hui, les vacances, c'est devenu Flâner.
Se perdre dans des ruelles mignonnes et coquettes.
Se planter devant une horloge astronomique aux côtés d'une horde de chinois armés de leurs éternels appareils photos dans l'espoir d'apercevoir Jésus et ses apôtres montrer leur trombines derrière deux petites portes de bois.
Déambuler dans un château aux dimensions époustouflantes.
Dégoter une pivcine absolument charmante, pas touristique pour un sous.
Choisir au hasard un plat dans un menus rédigé en tchèque sans sous-titre.
Déguster une bière brune dont on ignorait deux jours auparavant qu'elle était une spécialité tchèque. (Attendez, les bières, c'est pas des spécialités belges ? En effet. Mais pas que.)
Trouver la bière absolument délicieuse. Le plat aussi.
Eclater de rire en réalisant qu'à Bruxelles, jamais on n'aurait qualifié de délicieux un repas-soupe dans lequel flottaient de la choucroute et des bouts de saucisse.
Eclater de rire une seconde fois en réalisant qu'on la trouve vraiment délicieuse, cette soupe tchèque.
Eclater de rire une troisième fois en réalisant les huées qu'on risque de s'attirer à Bruxelles en expliquant qu'on a bu une bière non belge et qu'elle était bonne.
Errer sur un pont magnifique.
Fouiller les échoppes des marchés jusqu'à y trouver la parfaite paire de boucles d'oreilles en souvenir.
S'arrêter dans des cafés pour se réchauffer à coups de vin chaud. (La bière, c'est bon, mais c'est froid. Le vin chaud, c'est bon, et c'est chaud !) (Si, si !)
Apprendre le français à un charmant garçon de café.
Réaliser qu'au bout de quatre jours, on ne sait toujours pas comment on dit bonjour, au revoir et merci en tchèque. Par contre, les mots taverne et bière, on maîtrise.

Je viens de passer quatre jours à Prague. Prague c'est joli, Prague c'est charmant.

Aujourd'hui, les vacances, c'est devenu Profiter. Sans s'épuiser et sans mal aux pieds.

PS: les photos sont celles prises avec mon gsm, les couleurs laissent donc parfois à désirer ; le plat photographié, c'est une goulash et pas la fameuse soupe ; la bière, c'est une bière blonde et non une brune... Comme quoi, on ne pense pas toujours à prendre en photo ce dont on a envie de parler par après !




 

 

 
 


mardi 20 janvier 2015

Beaucoup de sourires




J'ai envie d'écrire quelques mots sur ce blog depuis de longues semaines. J'ai eu des idées. Des anecdotes à partager. Des phrases en formation. Elles se sont envolées les unes après les autres. Le chemin des pensées aux doigts est parfois long. Certaines pensées refusent d'être traduites en mots.

J'ai envie de vous souhaiter une bonne année 2015 depuis fin novembre. J'ai envie de me souhaiter une bonne année 2015 depuis fin novembre. Nous sommes le vingt janvier et je n'ai fait ni l'un ni l'autre.

Les mots m'échappent, ils me fuient, ils se refusent. Je ne les trouve pas. Alors je me contente de ces quelques lignes.

Je vous souhaite beaucoup de sourires. Les vôtres et ceux des autres.
Je me souhaite beaucoup de sourires. Les miens et ceux des autres.

Des sourires partagés. Ceux qui se reflètent dans le regard souriant de l'autre.

lundi 22 septembre 2014

J'admire les gens qui osent


J'admire les gens qui osent, les gens qui n'ont pas peur d'être qui ils sont, de le montrer, voire même de l'imposer. (Un peu dans le style de Cubitus qui pique la place du Mannekenpis, cfr. la photo, j'aime beaucoup...)

Hier. Journée sans voiture à Bruxelles. Journée du patrimoine, aussi. Avec des copines, on profite de pouvoir marcher au milieu des boulevards envahis par les piétons, cyclistes, trottinetistes et autres rollerartistes (ok, j'avoue, j'ignore comment on nomme les gens qui se déplacent à roller). C'est grisant, ça donne un terrible sentiment de liberté et une très bonne ambiance, de remplacer les voitures par de la musique et des êtres humains. Personnellement, j'aime.

On marche au milieu des boulevards, donc, on boit des verres, et on visite, un peu, aussi. Et là, surgit un homme. Plutôt sympa, plutôt mignon, plutôt imbu de lui-même, il a plus tendance à s'écouter parler qu'à écouter les autres. Ce que je trouve extraordinaire, c'est qu'après un simple "On se connaît, non, on s'est déjà vus quelque part ?"... Il est parvenu à s'incruster et à passer l'après-midi avec nous, à partager les verres, les visites et les balades d'un groupe de copines au milieu des boulevards .

Pas sûre d'avoir envie de l'imiter... N'empêche, j'admire les gens qui osent, les gens qui n'ont pas peur d'être qui ils sont, de le montrer, voire même de l'imposer. Ils peuvent se révéler insupportables mais ce n'était pas son cas, et il a eu le mérite d'oser.

samedi 20 septembre 2014

Un arbre et une orchidée




Depuis que je suis petite, j'aime le contact avec la nature. Quand j'étais triste, j'avais pour habitude de me rendre auprès de mon arbre favori, c'était "mon ami" (c'est même le nom que je lui avais donné, Mon Ami). Je caressais son écorce, j'avais la sensation de sentir la Vie battre lentement sous mes doigts, et je partageais avec lui mes chagrins et mes espoirs de petite fille.

Ce réflexe n'a jamais changé. Cet après-midi, je me suis baladée dans le jardin de mon enfance, et je me suis sentie bien. La nature est pour moi un moyen de me ressourcer, un moyen de me connecter au monde, d'avoir la sensation de faire partie d'un Tout beaucoup plus grand que moi, un Tout qui ne serait que beauté, sagesse et empathie.

Si j'aime la nature, je suis pourtant très loin d'être capable d'en prendre soin. Les plantes qu'on m'offre ne résistent pas au climat apparemment rude de mon appartement (leur espérance est passée de quelques jours à quelques mois, pourtant elles finissent toujours par atterrir à la poubelle, malgré l'eau, l'engrais et les encouragements que je leur offre régulièrement) (j'ai même essayé la musique classique, il paraît que c'est efficace... Pas chez moi !)

Même mon orchidée qui semblait pourtant se porter merveilleusement a fini par suivre ses congénères. Enfin, celle-là, je la soupçonne d'avoir tout simplement partagé mon chagrin. Du jour au lendemain, les belles fleurs blanches se sont fanées, les tiges ont suivi. En trois jours, c'était fini. C'était il y a trois mois. Elle était sans doute triste pour moi, triste avec moi. Elle n'aura pas survécu à mon chagrin.

L'arbre de mon enfance, lui, est toujours là. J'ai toujours la sensation de sentir la Vie battre lentement sous mes doigts. J'en ai bien profité cet après-midi, quand j'ai partagé avec lui mes chagrins et mes espoirs de grande fille.

jeudi 11 septembre 2014

Eclats de rire





Un tram, un matin.
  • Dis, maman... entame le petit garçon, un air concentré sur le visage. Dis, maman, quand je serai grand, tu seras morte ?
  • MORTE ? Non ! s'exclame la maman, aussi surprise qu'horrifiée.
  • Ah...
Le blondinet fronce des sourcils témoins de son intense réflexion.
  • Ah... répète-t-il. Mais si tu n'es pas morte... Alors quand je serai grand, tu seras très très vieille ?
La maman ne répond pas et moi, j'éclate de rire...

***

Un collègue, un après-midi, qui réfléchit au programme de ses soirées de vacances avec sa femme quand leurs enfants seront au lit.
  • On va quand même pas se toucher la nouille tous les soirs de vingt-et-une heures à minuit !
Grand silence. Suivi d'un grand éclat de rire. (On en apprend du vocabulaire, au boulot ! Celle-là, je l'avais encore jamais entendue !)

***

Un jour, à la radio.
  • La jeune femme a évité l'accident de justesse. Lorsqu'on lui a demandé pourquoi elle roulait en sens inverse sur l'autoroute, elle a expliqué que son gps lui avait demandé de "faire demi-tour dès que possible"...

samedi 9 août 2014

Il suffit de peu...


Un samedi soir. Rien de prévu (contrairement à ce qu'on pourrait croire (hum hum), ma vie n'est pas toujours palpitante).

Trois oreillers callés entre mon dos et le mur de ma chambre.
Mes fesses posées sur mon lit, la couette remontée jusqu'au menton.
Un café dans une jolie tasse dans ma jolie main (décaféiné, le café, faut pas exagérer, il est quand même vingt heures !)
Une jolie bougie, dans un joli bougeoir, posé sur ma jolie table de nuit (parce que ça soigne l'âme, les bougies). Un verre de vin rouge, aussi, sur la table de nuit (je ne voudrais pas que la bougie se sente seule...).
Une tablette posée sur les genoux (je suis moderne, comme fille). Sur la tablette, un film plutôt pourri.

Parfois, il suffit de peu pour goûter au bonheur...

samedi 2 août 2014

Orages et éclaircie

​
Me voilà de retour de vacances. Une semaine de soleil, de piscine, de Sud, de France, de nuage et de pluie. Une semaine de drôle de famille, une maman, un nouveau beau-père,  une nouvelle... Comment on dit quand il n'y a aucun lien de sang? On dit demi-sœur?

J'ai détesté.
 
Pas les vacances en elles-mêmes, pas la drôle de famille,  pas le soleil ni même la pluie. J'ai détesté être triste toute la journée, j'ai détesté le trou dans mon cœur qui m'empêchait de m'endormir le soir et qui me réveillait la nuit, j'ai détesté le manque, j'ai détesté la douleur, j'ai détesté la jalousie, j'ai détesté son silence, j'ai détesté l'angoisse, l'angoisse sortie de nulle part avec laquelle je n'avais jamais fait connaissance auparavant.
 
Ça allait pourtant mieux.
 
Et puis, après cinq jours de vacances, une éclaircie, une conversation miraculeuse, de celles qui mettent du baume au cœur. Les gens sont étonnants, parfois. Le nouveau beau-père a trouvé des mots que je connaissais déjà pour les avoir pensés mais le fait de les entendre dans la bouche de quelqu'un d'autre... Après ça, il ne restait qu'un jour de vacances mais un jour avec un soleil à la place du trou dans mon cœur.
 
Depuis, j'ai pris l'avion, puis le taxi, je suis de retour dans mon petit appartement, triste que ce soit fini mais heureuse d'être chez moi. Peut-être que les chagrins d'amour ne se soignent pas au soleil, peut-être qu'il n'y a que dans mon lit que je suis capable de dormir bien malgré la tristesse.
 
C'était une belle histoire. Je déteste quand les belles histoires ont une fin.

lundi 21 juillet 2014

Le bonheur est dans la vie


J'ai arrêté de chercher le bonheur. Je crois bien que je l'ai trouvé. Pas le bonheur absolu, pas le Bonheur avec un B majuscule, pas celui qu'on cherche, qu'on trouve et qui commence pour ne plus jamais s'arrêter. Celui-là, je n'y crois pas.

Celui que j'ai trouvé est bien différent et bien plus savoureux. Il se trouve dans les souvenirs d'un rêve agréable qui s'échappe au réveil, dans la saveur du premier café de la journée, dans une mélodie qui m'emporte, dans un bout de roman qui me parle. Dans l'enthousiasme de ma sœur au téléphone, dans la tristesse de mon cœur, dans un souvenir heureux qui provoque mes larmes parce qu'il appartient à un passé autant savouré que regretté,  un passé que j'aurais souhaité aussi présent et futur mais parfois les souhaits et l'amour ne suffisent pas.

Le bonheur de vivre, de respirer, de ressentir. Les émotions qui grandissent, grandissent dans ma poitrine, jusqu'à prendre toute la place et me donner l'impression que mon cœur va exploser.

Je n'ai jamais été aussi triste, et pourtant, je suis heureuse.

Heureuse parce que je suis en vie, parce que la tristesse qui m'habite fait partie de la vie, de ma vie, et que je n'ai aucune envie de passer à côté de cette existence qui est la mienne. Je préfère boire ma tristesse jusqu'à la dernière goutte, la savourer jusqu'à l’écœurement,  la laisser m'habiter jusqu'à ce qu'elle ait achevé de me raconter son histoire, jusqu'à ce qu'elle m'ait enseigné tout ce qu'elle avait à m'apprendre.

Je suis triste, pourtant je suis heureuse. Parce que le bonheur est dans la vie, tout simplement.

samedi 22 mars 2014

Horizon




J’avais dix-huit ans, il en avait vingt-sept. Une rencontre, un sourire, deux cœurs qui s’emballent. De longues discussions, de nombreux fous rires, deux cœurs qui s’emballent. Un repas, quelques verres, deux cœurs qui s’emballent. Une ballade, un premier baiser, deux cœurs qui s’envolent ensemble vers l’horizon.

J’ai vingt-six ans, il en a trente-quatre. Des fous rires, des bons moments, de la souffrance et des questions, beaucoup de questions. Un mariage, une maison, un presque bébé. Des efforts, des avancées, du changement, beaucoup d’évolution. Des fous rires, des bons moments, de la souffrance et des questions, beaucoup de questions, trop de questions et trop d’efforts, depuis trop longtemps.

J’ai décidé, il a subi. J’ai écouté mon cœur, j’ai brisé le sien. J’ai trouvé ma place, il a perdu la sienne. J’espère de tout cœur que mieux pour moi sera synonyme de mieux pour lui. Parce qu’il a compté, parce que notre histoire avait un sens, parce que je lui souhaite paix, bonheur et sérénité, comme à tous ceux que j’aime et que j’ai aimés.

vendredi 18 octobre 2013

Un tour de blog...



L'envie d'écrire revient... Petit à petit. Et en attendant qu'elle revienne davantage (c'est-à-dire suffisamment pour être capable d'écrire plus de trois lignes d'affilée dignes de porter le nom de phrases), j'ai envie de partager avec vous les blogs qui m'accompagnent au jour le jour et que je consulte régulièrement (tous les jours, en fait, mais chuuuuut, si je le dis, on pourrait croire que je suis accro !)...

Alors d'abord... Je commence par celui-là parce que c'est "le premier", celui qui m'a fait découvrir le monde de la "blogosphère" comme on dit (paraît-il), celui qui m'a permis de comprendre qu'un blog ça pouvait être drôle, émouvant, littéraire, beau, intéressant, et tout et tout... Celui que je lis tous les jours depuis presque trois ans... C'est Pensées de Caro, à l'origine "Pensées de ronde", découvert un jour en tapant "Zermati" dans Google, lors de ma découverte de ce Monsieur...

Il y a aussi Jaddo et ses histoires de médecin généraliste, qui, c'est bien dommage, ne poste plus très souvent mais je vous conseille vraiment d'aller y jeter un coup d'œil, ça vaut la peine d'être lu...

Dans le même style et pourtant dans un style très différent, Alors voilà, également écrit par un médecin, sur base d'histoires racontées par des patients et des médecins...

Il y en a d'autres, des blogs que je lis ou que j'ai lus, qui m'accompagnent ou qui m'ont accompagnée... Mais ceux qui restent et qui résistent au temps, finalement, ce sont ces trois-là, ceux "du haut de la liste des favoris", au final peu nombreux si je compare ces trois adresses à la liste astronomique de mes favoris... Bah, les autres auront peut-être un jour droit à leur billet, en attendant, je m'arrête là...

mercredi 2 octobre 2013

Je me souviens...


Je me souviens… Je me souviens avoir imaginé les billets que j’écrirais sur ce blog. Le jour où ça arriverait. Le jour où une seconde ligne rose apparaîtrait à côté de la première.

Je me souviens… Je me souviens m’être demandé si, comme d’autres femmes, je profiterais de l’anonymat accordé par internet pour lâcher le morceau avant les trois mois fatidiques, beaucoup trop impatiente d’annoncer la bonne nouvelle pour attendre nonante jours. Je me souviens m’être demandé si j’en profiterais pour en parler, pour partager. Je me souviens m’être demandé si j’aurais beaucoup d’anecdotes à raconter et si elles seraient drôles.

Et puis, la seconde ligne rose est apparue à côté de la première.

Je me souviens y avoir pensé. À plusieurs reprises. Je me souviens m’être demandé si ma grossesse n’était pas l’occasion de reprendre la plume et de relancer ce blog sur lequel je n’avais pas posté depuis trop longtemps.

Je me souviens n’avoir rien décidé.  Je me souviens avoir laissé le temps s’écouler, me disant qu’il serait toujours temps d’en parler. Plus tard. Quand je le sentirais. Quand le moment viendrait.

Je me souviens de mon incrédulité, de ma difficulté à comprendre qu’il y avait bien un petit être qui grandissait au creux de moi. Je me souviens de mes larmes, mes larmes à la vue de ce cœur minuscule qui battait, si régulier, si plein de vie. Je me souviens de mon bonheur lorsque j’ai compris que oui, il était bien là.
 
Je me souviens aussi de mes peurs et de mes doutes, lorsque j’ai compris l’engagement qu’un bébé représentait. Je me souviens avoir compris que je n’avais rien compris, je me souviens avoir réalisé que l’envie avait balayé tout le reste, je me souviens avoir compris que j’avais interprété l’envie comme un signe, je me souviens m’être demandé si l’envie était suffisante et si l'amour serait assez fort.

Je me souviens m’être demandé si ma grossesse n’était pas l’occasion de reprendre la plume et de relancer ce blog sur lequel je n’avais pas posté depuis trop longtemps. Je me souviens n’avoir rien décidé. Je me souviens avoir laissé le temps s’écouler, avoir observé les minutes puis les jours passer.

Je me souviens des nombreuses fois où j’ai supplié ce bébé de s’accrocher et de ne pas écouter ma peur. Je me souviens des nombreuses fois où je lui ai murmuré que je l’aimais.

Je me souviens avoir oublié l’idée d’en parler, avoir oublié l’idée de raconter.

Et puis, les trois mois sont arrivés et je me souviens y avoir pensé à nouveau. L’idée dormait toujours dans un coin de ma tête et la date l’avait réveillée. Je me souviens n’avoir rien décidé. Je me souviens avoir laissé le temps s’écouler, quelques heures de plus, un jour supplémentaire.

Je me souviens de ma peur. Je me souviens de mes pleurs. Je me souviens de ma douleur. Je me souviens de sa peur. Je me souviens de ses pleurs. Je me souviens de sa douleur. Je me souviens avoir pensé que ce bébé ne m’avait pas crue les fois où je lui avais murmuré que l’amour était plus fort que les doutes.
 
Je me souviens avoir laissé trop de temps s’écouler. Quelques heures de trop, quelques jours de trop. Et puis quelques semaines encore. Jusqu’à aujourd’hui. Où je finis par en parler, où je finis par raconter. Et par me dire que maintenant, je sais. Maintenant, je sais l’engagement qu’un bébé représente,  et je sais que l’envie m’aura au moins permis de comprendre tout ça.

Je me souviens… Je me souviens avoir imaginé les billets que j’écrirais sur ce blog. Le jour où ça arriverait. Le jour où une seconde ligne rose apparaîtrait à côté de la première. Je ne me souviens pas avoir imaginé que ce billet, je l’écrirais lorsque la seconde ligne rose disparaîtrait.

vendredi 10 mai 2013

Vie de château


Dimanche passé, Muche est rentré du boulot en lâchant la bombe suivante : "J'ai besoin de repos, on partirait pas deux jours en vacances ?" Étant donné que Mister Muche est une machine qui travaille sept jours sur sept, trois-cent-soixante-trois jours par an (vivre de sa passion a des avantages et des inconvénients) (les avantages : on aime ; les inconvénients : on a du mal à s'arrêter), il s'agissait bel et bien d'une bombe sur laquelle j'ai marché avec délice, histoire de bien exploser (hum, pas certaine que cette phrase ait du sens mais je fais confiance à mes doigts qui l'ont écrite sans hésitation et à mes oreilles qui trouvent que ça sonne bien).

Après avoir passé quelques temps à farfouiller sur internet à la recherche de Last Minutes, nous avons opté pour le Château Mont-Royal, excusez du peu. À proximité de Chantilly, à peine deux heures trente de route de chez nous, c'était parfait pour deux jours d'évasion non programmés.

L'avantage des Last Minute, c'est que le pourcentage de réduction est conséquent. L'inconvénient, c'est qu'on se retrouve parfois parachuté dans un milieu auquel on n'est guère habitué (pour notre plus grand plaisir, ceci dit). Passé le malaise des premières minutes (je n'ai pas l'habitude qu'on gare ma voiture pour moi) (mon vernis à rose fluo fushia jurait un peu avec l'atmosphère classe et feutrée du château) (il jurait aussi avec le rouge à lèvre aux extraits de diamant de ces dames) (ceci dit, mon vieux jean spécial-vacances-et-week-end avait probablement suffi à ce qu'On comprenne qu'il s'agissait de ma première visite en ces lieux).

Bref... Pour la première fois de ma (courte) existence, la chambre d'hôtel était suffisamment grande pour que je puisse poser mon sac à terre et ne pas devoir l'enjamber pour grimper sur le lit. Mieux : il y avait un bureau, un canapé, deux chaises style Louis XIV... Un lit digne d'un compte de fée (et de la princesse que je suis), une salle de bain magnifique et un immense miroir en pied qui m'a rappelé le fait que je ne m'étais plus vue en entier depuis six bons mois (il faut absolument qu'on achète un vrai miroir, nom de nom !).




Comme nous avions décidé de ne pas faire les choses à moitié, nous avions opté pour un dîner gastronomique. Armée de l'ITruc de Monsieur, j'avais prévu de prendre en photo chacun des plats afin d'obtenir le style de photos qui vous donne l'eau à la bouche telles que j'en vois régulièrement sur certains de mes blogs favoris... Résultat ? Je vous épargne les "Oh zut, j'ai oublié de photographier l'entrée !" ; "Mince, le plat est avalé et je n'ai pas pensé à lui tirer son portrait" ; "T'as mangé ton dessert ? Mais je t'avais pourtant dit que je voulais le prendre en photo !"

Comme j'ai renoncé à l'idée de photographier les assiettes vides (elles étaient pourtant jolies), vous devrez me croire sur parole quand je vous dis que c'était bien beau et bien bon.

Ceci dit, si le dîner était goûtu, c'est le petit déjeuner qui m'a le plus marquée. Un vrai délice ! J'ai élu le café du château meilleur-café-de-toute-ma-vie. Le jus de pamplemousse (frais, bien sûr) était absolument fabuleux. Les mini croissants étaient parfaits également.

Et puis j'ai profité de ce voyage en France pour me procurer une plaquette du fameux chocolat Lindt À la pointe de fleur de sel, introuvable en Belgique, dont j'ai souvent entendu parler. Testé et approuvé, bien sûr !



En résumé ? Vivement le prochain coup de fatigue de Muche ! 







samedi 27 avril 2013

Une histoire de chaussettes


Aller travailler, c'est un peu un parcours du combattant (sans effusions de sang, heureusement). Lever à 6h28, débarbouillage, habillage, attrapage-de-petit-déj-dans-le-frigo. Puis enfournage de bécane pour me rendre à la gare où un premier train m'attend. (Je précise que cette tournure de phrase est purement littéraire, la vérité ressemble davantage à "J'attends le train qui tarde, tarde, tarde, jusqu'à ce qu'enfin la lueur de ses deux phares transperce la pénombre du jour levant, annonçant son imminente entrée en gare"). Après ce premier train, tout le monde dehors, on embarque dans le suivant. Arrivée à Bruxelles, cinq minutes de marche, terminus, c'est parti pour une journée de (dur) labeur.

Je vous ai farci la tête avec tous ces détails pour pas grand chose, en fait. J'aurais pu m'arrêter au passage "j'enfourne ma bécane", c'est celui qui m'intéresse. Parce que quand on monte sur un vélo, c'est pour pédaler. Que quand on pédale à 6h45, il fait froid, même en été et surtout en cette fin d'avril 2013 où le petit Jésus là-haut a oublié d'appuyer sur le bouton "printemps". Trop froid le matin pour me contenter de mes ballerines (mes pieds offerts au vent tourneraient rapidement au bleu-congelé), trop chaud l'après-midi pour continuer à porter mes bottes.

J'ai heureusement trouvé une solution. Une solution qui arracherait des cris perçants aux fashionita's de ce monde mais qui me convient (même si elle provoque des situations un peu gênantes). Avant d'enfourner ma bécane, donc, chaque matin, je mets des chaussettes (noires, les chaussettes) par-dessus lesquelles j'enfile mes ballerines (beiges, les ballerines). Ça me permet de protéger suffisamment mes petits pieds délicats pour éviter l'amputation. Ça ne les protège cependant pas suffisamment pour avoir chaud. Ce qui explique que je conserve mes chaussettes dans le premier train, et dans le deuxième aussi, d'ailleurs. En me concentrant super fort pour me persuader que les regards mi-étonnés, mi-moqueurs que les navetteurs posent sur mes pieds sont le fruit de mon imagination.

Sauf qu'hier matin, l'homme d'affaire en costard noir assis en face de moi dans le train ne s'est pas contenté d'un regard mi-étonné, mi-moqueur. Il a posé les yeux sur mes pieds, a haussé un sourcil puis a éclaté de rire. (J'ai rougi mais conservé mes chaussettes, c'est que j'avais froid aux panards, moi, nom de nom !).

L'étape suivante de mon parcours du combattant, après le deuxième train, est l'étape "je retire les chaussettes juste avant de sortir du train pour éviter que mes collègues ne soient témoin du spectacle".

L'homme d'affaire était toujours assis face à moi, les yeux braqués sur mes pieds. Puis il les as fermés, quelques secondes, il semblait fatigué. J'en ai profité pour retirer mes malheureuses chaussettes et les fourrer dans mon sac. Juste avant qu'il rouvre les yeux, le regard toujours braqué sur mes pieds.

Il n'a pas haussé un sourcil mais deux puis a affiché un air perplexe. De mon côté je me mordais les lèvres pour me retenir de rire tandis que les questions muettes passaient sur son visage. "Elle n'avait pas des chaussettes ?" "Je suis sûre qu'elle avait des chaussettes!" "Des chaussettes noires, qui juraient horriblement avec ses ballerines beiges" "Pourtant, j'ai les yeux bien ouverts et elle est pieds nus" "Elle en avait pourtant il y a cinq secondes" "A moins que j'aie rêvé ?" "Ça doit être ça, j'ai rêvé" "Ou pas ?"

Il est possible que ce Monsieur n'aie même pas remarqué mes chaussettes, bien sûr. Que son éclat de rire et ses mimiques soient purement le fruit de mon imagination. Quoi qu'il en soit, hier a été une bonne journée. Rien de mieux qu'un fou rire de grand matin pour bien commencer la journée !

PS : J'ai inclus ma main sur la photo pour vous montrer mon nouveau vernis, rose fluo. Muche est fan, ce qui me fait aimer ce vernis à la folie !!!

lundi 15 avril 2013

Un jogging au soleil


Hier ne fut pas seulement premier jour (ensoleillé) de printemps. Hier fut également premier jour de jogging.

Ça faisait de longues semaines que mon corps me hurlait qu'il souhaitait bouger. Qu'il me suppliait de sortir mes basket ou ma raquette de tennis. Qu'il m'implorait de lui rappeler l'existence de ses propres muscles. Si j'étais consciente de ce besoin, je m'obstinais pourtant à faire sourde oreille. Parce que ce que mon corps exigeait, ma tête n'était pas prête à le lui donner. Et elle le lui signalait à coups de "Pas enviiiiiiieeeuuuuuuuh !" aussi geignards que contraignants.

Hier, pourtant, le premier rayon de soleil a permis à mon corps et à ma tête d'enfin s'entendre et de retrouver cet équilibre qui fut le leur durant de longues années. Parce que si ma paresseuse cervelle m'assène des "pas envie" à la pelle, elle est également sensible aux souvenirs. Et des souvenirs de merveilleux jogging sous un agréable soleil de printemps, durant lesquels l'esprit s'évade, les idées se révèlent et le corps se délie avec délice, elle en a quelques-uns. Le problème, c'est qu'elle possède également en stock de trop nombreuses séances effectuées à contre-coeur, sans la moindre envie, la tête pleine de désespoir et les pieds changés en plomb.

Par ce dimanche ensoleillé, ce sont les bons souvenirs qui ont gagné la bataille. Accompagnée de Muche qui faisait la conversation tandis que je soufflais et anahais, je suis allée courir. Et si mon corps m'a remerciée d'enfin lui délier les muscles, il m'a également fait chèrement payer les mois de dés-entraînement. Je n'étais pas encore arrivée que j'étais déjà courbaturée. Pas sûre que demain je sois capable de marcher. Et puis mon visage a pris une teinte légèrement... suintante et colorée.


Cette séance de jogging m'a fait un bien fou. J'espère que la prochaine fois, les bons souvenirs vaincront à nouveau les mauvais parce que mon corps en a besoin et qu'il me remercie. Ma tête aussi, d'ailleurs. Qui vivra verra ! 

dimanche 14 avril 2013

Un dimanche au soleil



Hier soir, quand il s'est mis à pleuvoir, j'ai eu du mal à croire en la prophétie de Mme Météo qui annonçait 22 degrés pour ce dimanche. Une bonne semaine qu'elle tenait bon, pourtant, Mme Météo. Une bonne semaine qu'elle persistait envers vent et giboulées à nous prédire une journée de soleil.

C'est qu'on l'attendait, ce premier jour de printemps ! C'est qu'on le fantasmait, ce premier rayon de soleil ! Parce que la neige en avril, merci bien. Je vis en Belgique, je rappelle, pas au Pôle Nord ni au sommet du Mont Blanc ! Et puis, y a pas à dire mais je commençais à être vraiment carencée en vitamine D.

Du coup, lorsque hier soir j'ai rentré dans le salon le fauteuil détrempé que j'avais sorti la veille sur un coup de tête (et sous un rayon de soleil trompeur) (le con s'est fait la malle à peine le fauteuil tringueballé à travers toute la maison) (escaliers compris), je n'y croyais plus trop, au dimanche ensoleillé annoncé par Mme Météo. (Quand Muche est entré dans le salon, une demi-seconde après que j'y aie déposé le fauteuil détrempé, il a affiché un grand sourire et m'a félicitée d'avoir pensé à le rentrer avant la pluie) (le fait que le fauteuil gouttait et était passé de bleu clair à bleu foncé lui avait manifestement échappé) (je n'ai pas pensé une seconde à le détromper) (je sais, je sais...).



Trêve de parenthèses. Mme Météo ne s'était pas trompée. Ce dimanche quatorze avril fut officiellement premier jour de printemps. Il aura également été marqué par l'inauguration de notre toute nouvelle terrasse. Assise sur le fauteuil (entretemps sec), les yeux fermés, j'ai savouré la caresse d'un vent léger et la douce chaleur du soleil sur ma peau, le tout avec pour fond sonore le rire des enfants du voisinage.

Pas besoin de grand chose pour rendre une femme heureuse.

jeudi 11 avril 2013

Tristesse et statistiques



Depuis que j'ai recommencé à écrire sur ce blog, j'ai porté un peu d'attention aux statistiques. Et au palmarès des billets les plus consultés, il y en a un qui bat tous les autres de loin... À mon grand étonnement !

Ce billet, que vous pouvez (re)lire ici, j'avais hésité avant de le poster. Parce que ce n'est pas particulièrement joyeux, parce que j'y parle de moi d'une manière un peu moins futile, parce que je m'y expose...  Également parce que la tonalité n'était pas vraiment joyeuse et que si ce blog n'a pas pour but de faire rire, j'aime y poster des choses légères. Après avoir un peu hésité, donc, j'avais fini par appuyer sur le bouton "publier" pour partager avec vous ce message.

Même si en le relisant je lui trouve finalement un ton plutôt léger, même si j'avais abordé les choses d'une manière plus humoristique que larmoyante, ce billet revêtait une importance à mes yeux. Et apparemment, il touche un large public puisque c'est celui qui a été le plus visionné depuis la naissance de ce blog.

Pour ceux qui l'ignorent (c'était mon cas il y a encore quelques mois), les blogs disposent d'un outil statistique qui permet de visionner le nombre de pages visitées (par jour, par semaine, par mois...) ainsi que les mots-clés introduits dans google et qui permettent aux internautes de tomber sur ces pages (je n'aborde plus les moteurs de recherche de la même manière depuis cette découverte) (mes recherches ne sont pas toujours très dignes, hum hum).

Toujours est-il que le mot qui mène le plus à mon blog est le mot "triste". Révélateur ? Révélateur de quoi, d'ailleurs ? Je l'ignore. Et comme en ce moment-même, moi aussi, je me sens triste, ce mot a priori anodin donne naissance à un nouveau texte sur le même sujet.

Je me sens triste. Une tristesse qui me prend à la gorge, qui m'aspire et qui balaye tout le reste. C'est fort, c'est présent, ça m'habite et ça fait mal.... Au point que j'aie envie de me confier, peut-être dans l'espoir que coucher ça sur le papier efface ce que je ressens et qui me blesse... Même s'il n'y a rien d'autre à faire qu'accepter et attendre que ça passe.

Alors, quelque part, je comprends. Je comprends que les gens qui partagent ce sentiment cherchent une solution ou un refuge sur internet. Un besoin de partager qui pousse à introduire un mot dans un moteur de recherche comme on jette une bouteille à l'océan dans les films d'échoués-sur-île-déserte. Peut-être que ce billet sur mon blog les a aidés. Ou pas. Parce que finalement, il n'y a rien d'autre à faire qu'accepter et attendre que ça passe.

Et ça finit toujours par passer. Toujours...



vendredi 5 avril 2013

Tranches de vie (2)


Les jonquilles, mes fleurs préférées...

J'ai dans la tête un billet pour ce blog. L'inspiration m'est venue dès ce matin au lever du lit. Et pourtant... Je suis tellement fatiguée que mes yeux se ferment, mes yeux se brouillent, tout devient flou. Je paie aujourd'hui un très courte nuit en cours de semaine. Je n'ai plus vingt ans, comme on dit (au secours, je vieillis !) (pourquoi personne ne m'a prévenu que je n'échapperais pas à cette loi de la nature ?) (il y a quelques années, j'étais encore convaincue que le grand âge était loin) (même : qu'il n'arriverait jamais). Je commence à avoir du mal à récupérer des trop courtes nuits.

Tout ça pour dire que ce billet attendra. À la place, je vais couper des oignons (en tentant de ne pas perdre un doigt durant l'opération), les faire frire dans une casserole, y ajouter un bloc de haché complètement congelé (j'oublie systématiquement de dégeler la viande la veille) (appelez-moi tête-en-l'air), mélanger, ajouter de la tomate, laisser mijoter, parfumer d'une pluie d'épices sur la fin. Une sauce bolognèse. Pour mes copines qui viennent manger tantôt. Espérons que je ne tombe pas endormie la tête dans mon assiette (la bolognèse, ça laisse des tâches) (j'en sais quelque chose). Un menu tout simple mais qui me réjouit. Muche étant intolérant au gluten, au lactose et à la tomate, les spaghettis bolo sont un repas de fête pour moi (que je prépare dès qu'il tourne le dos suffisamment longtemps pour que je mange seule).

Est-ce que je viens d'écrire un billet pour dire que je n'écrirais pas de billet ? Est-ce que j'ai accordé un paragraphe entier à mon menu du jour ? On dirait, oui... J'avais bien dit que je devenais vieille ! (Et fatiguée...)

mercredi 3 avril 2013

Et si ?


Quand mon train est entré en gare, m'arrachant au sommeil profond dans lequel j'avais sombré quarante minutes auparavant - étrange faculté que celle qui me permet de m'éveiller systématiquement à mon arrêt et jamais aux cinq précédents qui ponctuent mon trajet (à croire que mon oreille distingue les crissements des rails qui passent par mon village des crissements des villages précédents) - lorsque j'ai été prise d'un doute terrible...

Et si j'avais ronflé ???

Cette pensée m'a tiré des sueurs froides. Parce que le scénario est connu et familier. Vécu à de nombreuses reprises. Un navetteur épuisé par une intense journée de travail s'endort à peine assis dans le train. Et se met à ronfler. Tout le wagon profite du récital immélodieux (j'aime inventer des mots). Et le pauvre malheureux l'ignore, dormant profondément. S'il est parfois arraché à son sommeil par ses propres ronflements, il en rejette la faute sur les bavardages de ses deux affreuses voisines (qui ne parlent pourtant si fort que pour couvrir son horrible boucan).

Je me souviendrai toujours de l'homme corpulent à la barbe noire et fournie qui a un jour pris place en face de moi. Il s'est rapidement endormi. J'étais plongée dans les aventures d'Anastasia et Christian lorsqu'un ronflement aussi sonore (et surprenant) qu'hilarant m'a forcée à abandonner la déesse intérieur d'Ana à son propre sort (la pauvre). Je n'ai pas été la seule à l'entendre, le wagon entier a sursauté avant d'éclater d'un rire étouffé. Ce qui fait quand même (à la louche) une septantaine de personnes (une soixante-dizaine, pour les français) (ça se dit, ça, une soixante-dizaine ?) (si la réponse est oui, vous êtes vraiment un peuple à la langue étrange, chers voisins). Inutile de vous dire que l'effet Anastasia-sa-déesse-son-Christian-et-son-fouet en a été passablement gâché.

J'ai observé la physionomie de mes voisins sans parvenir à obtenir une réponse à ma question. Et si j'avais ronflé ??? Les gens m'observaient d'un air bizarre - peut-être un mauvais tour de mon imagination - mais aucun ne souriait d'un air moqueur.

Je n'ai pas osé poser la question à voix haute. Parfois, mieux vaut vivre dans l'ignorance.


mardi 2 avril 2013

Et si on avait volé une heure de ma vie ?


Ce soir, dans le train qui me ramenait chez moi après une journée de travail qui m'a parue interminable, j'ai soudain été prise d'un doute terrible. Et si on avait volé une heure de ma vie ?

Et si l'entreprise-dans-laquelle-je-travaille avait délibérément oublié de changer l'heure ? Et si quand je suis arrivée au boulot ce matin, mon ordinateur et mon téléphone n'affichaient pas 7h58 mais bien 6h58 et que, concentrée sur l'entretien de mon réseau (un bon réseau est essentiel à l'accomplissement de mon travail, paraît-il) (je prends le conseil au mot et tous les matins je taquine la machine à café en compagnie d'autres collègues en quête d'amélioration de leur network) (ça fait bien en anglais, non ?), je n'avais pas remarqué cette anomalie horaire ?

Ça expliquerait bien des choses. Notamment pourquoi lorsque j'ai levé la tête du document que je venais de passer deux bonnes heures à corriger, il n'était que dix heures. Moi qui étais persuadée d'y avoir passé au moins cent-vingt minutes, j'ai été désarçonnée. Mais peut-être était-il déjà onze heures, en fait ?

Ça expliquerait également pourquoi mon ventre s'est mis à gargouiller à onze heures comme il le fait habituellement à midi pour signaler à tout le plateau (quatre-vingt personnes) qu'il est plus que temps de prendre une pause déjeuner. Mais peut-être était-il déjà midi, en fait ?

Ça justifierait également le fait que Muche n'ait pas décroché son téléphone lorsque j'ai tenté de le joindre durant son heure de battement, entre seize et dix-sept heures. Mais peut-être son heure de pause était-elle déjà terminée, en fait ?

Moi, je vous le dis, c'est tout à fait crédible. L'entreprise-dans-laquelle-je-travaille a délibérément oublié de changer l'heure des ordinateurs et des téléphones. Foutu capitalisme ! Aujourd'hui, l'entreprise-dans-laquelle-je-travaille, prête à tout pour gagner quelques euros supplémentaires, a volé une heure de ma vie.  

À l'heure où j'écris ces mots, il est dix-neuf heures. Ou alors je me trompe ? Peut-être que si l'entreprise-dans-laquelle-je-travaille avait oublié de changer l'heure, j'aurais travaillé une heure de moins ? Oh, c'est compliqué, tout ça. Laissons les changements d'heures aux géographes et aux mathématiciens. Ces raisonnements me provoquent des nœuds dans les cerveaux (oui, j'en ai plusieurs).

Et à force d'y réfléchir, voilà que j'ai perdu une heure. On dirait que je suis capable de me voler une heure de ma vie toute seule, comme une grande ! Pas besoin de l'aide de l'entreprise-dans-laquelle-je-travaille pour ça.

lundi 1 avril 2013

Appelez-moi bonne poire...



Aujourd'hui, premier avril, lundi de Pâques et jour férié, Muche travaille (c'est l'homme) pendant que Truc glande (c'est moi). Étant donné que j'avais déjà barré tous les points de ma "to do list" du week-end (le point, en fait) (le seul et unique point) (les plinthes, vous vous souvenez ?), je comptais bien profiter de cette dernière journée de long week-end en lisant des romans allongée sur mon canapé.

C'était sans compter sur l'extraordinaire sens de l'organisation de Muche. Qui m'a arrachée d'un profond sommeil (aidé par la sonnerie de mon portable) (c'est lui qui téléphonait) pour m'expliquer que le restau du club de sport dans lequel il travaille était fermé (étonnant, Muche serait-il le seul à travailler le lundi de Pâques ?) (si vous avez perçu du sarcasme dans mes mots, sachez qu'il n'est ni imaginé ni sous-entendu mais bien réel), qu'il n'a pas pensé à prendre un pique-nique (tiens, j'ignorais qu'il lui arrivait de penser) et que par conséquent, j'allais devoir lui apporter à manger.

Cette logique implacable a achevé de me réveiller. J'ai ouvert un œil, le réveil m'a informée qu'il était 10h. J'ai évalué sa demande (me lever, me doucher, préparer à manger, enfourner ma bécane, trente minutes de vélo, lui déposer son repas, repartir, une demi-heure de vélo, retour à la maison), grommelé, soupiré, puis j'ai fini par accepter (non sans penser très fort que si j'étais à Bruxelles en train de travailler, je ne lui demanderais certainement pas de m'apporter le pique-nique oublié) (d'abord parce que je n'aurais pas oublié mon pique-nique, ensuite parce que je ne l'aurais certainement pas tiré de sa grasse-mat-de-dernier-jour-de-long-week-end pour quelque chose d'aussi trivial que mon estomac (hum), finalement parce que j'aurais estimé être suffisamment autonome et fière que pour me débrouiller seule et assumer mes bêtises).

Bref. Me voilà dans la cuisine en train de cuisiner. Quand j'ai terminé (riz-saumon-poireaux-épinards, pour ceux que ça intéresse) (Muche étant allergique à à peu près tout ce qui se mange, impossible de se contenter d'un bête sandwiche), j'empaquette le tout et m'apprête à enfourner mon vélo pour le lui apporter.

C'est là que mon téléphone sonne. Muche. Je décroche, un sourire aux lèvres. Sourire qui s'évanouit lorsque sa voix retentit dans mes oreilles :
  • Dis, euh, est-ce qu'en fait, tu saurais faire à manger pour le plus de monde possible ?
Je dois avoir mal entendu. J'ai mal entendu, non ?
  • A manger pour le plus de monde possible ? je répète. Ça veut dire quoi ça ?
  • Ben... A manger pour le plus de monde possible, quoi !
Ah oui, là, tout de suite, c'est plus clair.
  • Parce qu'en fait, je ne suis pas le seul à ne pas avoir de pique-nique, les autres aussi, et ils auront faim à midi.
Ah oui ? Sans blague ! Et les autres, ils n'ont pas une femme-bonne-poire pour leur faire à manger et leur amener leur pitance au boulot ? Non ? Je dois vraiment être la bonne poire de tout le monde et pas uniquement la tienne ?
  • Écoute Muche, je viens de terminer ton pique-nique, si je dois recommencer pour tout le monde, tu ne l'auras jamais à midi ! 
  • Bah, laisse tomber alors, ils achèteront un sandwiche !
  • Quoi ? Et toi, tu peux pas t'acheter un sandwiche ?
  • Ben non... Tu sais bien, le gluten quoi !
Oui, le gluten, bien sûr. Le fait d'être intolérant au lactose ne t'a pourtant pas empêché de te goinfrer d’œufs au chocolat au lait  toute la journée hier. Par contre, le fait d'être intolérant au gluten te force à demander à ta femme-bonne-poire de te renoncer à sa grasse matinée pour t'apporter un pique-nique cuisiné avec amour...

Conclusion ? Muche a eu son pique-nique, ses collègues ont eu leur sandwiche et je n'ai été la bonne poire que d'une et unique personne aujourd'hui...